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 Une singulière découverte... {Fini }

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Nathaniel Cherrydan
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MessageSujet: Une singulière découverte... {Fini }   Mar 3 Avr - 18:26

L’envie de se promener avait été tellement forte durant toute la matinée que Nathan Cherrydan, le jeune duc de Cherryan installé depuis peu en province, n’avait pu y résister. Après avoir pris le thé avec sa sœur jumelle, l’adorable Norah, il avait donc pris la clef des champs, et avait erré pendant tout l’après-midi dans la campagne environnante, délaissant l’austère beauté du manoir champêtre de sa famille pour profiter un peu du merveilleux air frais. L’atmosphère sauvage de la nature semblait d’ailleurs lui éveiller l’esprit aux rêvasseries, bien que le jeune homme n’en eût point besoin pour se faire : il était naturellement enclin au rêve, et son imagination pouvait puiser en ces lieux paisibles toute l’inspiration dont il avait besoin.

Nathan inventait toutes sortes de scènes dont il serait le héros, un héros non pas irrésistible et dont toutes les femmes tomberaient à ses pieds, mais romanesque, digne d’un récit d’amour et fantastique où il rencontrerait la femme de sa vie de la manière la plus simple (un bal gentiment organisé par quelques nobles des environs…) à la plus élaborée (la barque de sa future dulcinée se renverse malencontreusement sur le lac, et lui, en bon samaritain, viendrait la sauver… ou en bon saint-bernard, cependant ceci est nettement moins poétique). Enfin, voilà partiellement les songes romantiques de Nathan, qui semblait espérer avec vigueur voir arriver les prémices de l’amour… car les idylles dans les romans qu’il lisait avec frénésie ne lui suffisaient plus.

Le jeune duc, dont il ne portait que le titre, son frère aîné s’occupant de toutes les contraintes qui en découlaient, avait été surpris par une averse alors qu’il errait dans les prés, son esprit vagabondant par-delà l’horizon. Nathan ne connaissait pas encore les lieux, étant plus habitué à parcourir les rues chics de Londres, la mine sombre et à demi caché sous un chapeau et un long manteau de velours noir. Et cet après-midi d’avril c’était annoncé plutôt doux, et le jeune homme avait pensé qu’un simple chemise et un pantalon aurait suffi mais visiblement non, le temps changeant en avait décidé autrement.

Le jeune homme avait aperçu une petite chapelle en bordure de forêt, et avait décidé de s’y réfugier le temps que la pluie se calme. Bravant le champ boueux qu’il devait traverser pour y entrer, Nathan avait du sacrifier ses chaussures de cuir qui lui avait valu la bagatelle de plusieurs centaines de livres. Enfin, on pouvait dire que l’argent n’était pas vraiment un problème pour le jeune duc, bien que ce gâchis l’ennuyât fort.

Arrivé devant la petite construction sacrée, il s’y engouffra avec hâte et poussa un profond soupir de soulagement : enfin, il était au sec ! Le jeune homme déboutonna les boutons d’or de sa chemise blanche qui lui collait au torse à cause de la pluie, puis jeta un coup d’œil circulaire à l’intérieur de la petite chapelle. Nathan fronça les sourcils, tout en scrutant le petit sanctuaire de fond en comble. Quelque chose n’allait pas… Mais qu’était-ce, cette chose qui lui titillait l’esprit ? Après quelques minutes de réflexion, l’évidence lui sauta aux yeux : cette chapelle semblait abandonnée et pourtant, il n’y a pas la moindre saleté sur les dalles de pierre, pas le moindre grain de poussière sur l’autel. Nathan se laissa tomber sur un banc au bois vermoulu et hocha pensivement la tête, faisant secouer ses cheveux blonds.


Oh, peu importe… du moment que la paix de ces lieux perdure…

Murmura-t-il avec sérénité. Les yeux clos, Nathan laissa tomber sa tête en arrière, tranquillement adossé au dossier du banc. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres rosées, et c’est à peine s’il entendit le grincement de la porte de cette singulière chapelle…


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Elizabeth Bromley
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MessageSujet: Re: Une singulière découverte... {Fini }   Mer 4 Avr - 15:07

[Hs : Et bien... puisque personne ne répond, et si je le puis, et bien : je poste.]

« N’est-ce point bizarre ? Cet endroit semble avoir eu la bénédiction de Dieu. »

La voix de la jeune fille qui venait de faire intrusion raisonnait encore dans la pièce. Elizabeth avait déjà croisée la silhouette du jeune homme ; mais elle fut, elle aussi, prise par la pluie et bien qu’elle n’avait aucune intention de le suivre elle fut contrainte de le faire pour se sauver de ce monstrueux temps. Lizzie était déjà rentrer ici, et c’est sûrement pour cela qu’elle n’était pas très étonnée de la beauté de l’intérieur de cette misérable chapelle abandonnée.

Bien que mouillée, Elizabeth avait un sourire naturel ; pourtant elle en cachait bien des choses… Sa robe était toute trempée, tout le reste aussi d’ailleurs ; elle ne saurait imaginé dans quel état elle serait rentrée si elle avait été plus longtemps sous cette pluie. Après avoir remis ses cheveux un peu en place, elle répondit à ce que le jeune homme avait murmurer pour lui un peu avant :

« Excusez-moi de gâcher cette paix ; je tacherais de me taire le temps que la pluie cesse. »

Elle se dirigea vers un banc, légèrement plus loin que celui ou le mystérieux jeune homme était assis, en essayant de faire le moins de bruit possible, mais ses chaussures la trahissais, le son de ses pas raisonnaient, doucement. Elizabeth était, une fois assise, absorbée par le pupitre qui scintillais d’or sous un rayon lumineux d’une fenêtre ; le soleil refaisait son apparition et pourtant la pluie n’allait pas s’arrêter d’aussi tôt. Dans un petit soupire d’ennuie, elle ferma les yeux ; elle semblait prier, ses lèvres bougeaient, mysérieusement.

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Nathaniel Cherrydan
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MessageSujet: Re: Une singulière découverte... {Fini }   Jeu 5 Avr - 21:02

[Oh mais c’est un honneur ! Smile]


La déclaration de la jeune femme fit sursauter Nathan sur son banc. S’il s’était attendu à ce qu’une autre personne fût elle aussi dans cette petite chapelle ! De stupeur, le jeune homme eut un geste de recul avant de se détendre un peu. Totalement émergé de ses pensées, il n’avait plus fait attention à ce qui l’entourait, que ce soit l’eau froide qui collait sa chemise sur sa peau claire ou le grincement sinistre de la porte de la chapelle. Néanmoins la voix de cette inconnue sembla remettre de l’ordre dans l’esprit du jeune rêveur, qui crut avoir un torticolis tant il avait tourné la tête avec un peu trop de brusquerie. Se massant le cou avec une petite moue douloureuse, Nathan fixa son regard d’azur sur la jeune femme et ne put dire un mot, encore cloué par la surprise. Un peu hagard, le jeune homme se mit à la détailler rapidement, mais sans impolitesse aucune. Ce n’était guère son genre, de défigurer les gens, car il détestait qu’on le fît avec lui. Quoi de plus désagréable, de se voir lorgner avec inquisition ?

Avec discrétion, Nathan jeta de un bref coup d’œil vers cette mystérieuse inconnue, et la vit s’installer à une distance respectable de lui. D’ailleurs, il aurait pu ne pas la regarder, et seulement écouter le bruit de ses chaussures mouillées. Elle était jeune, et devait probablement avoir une vingtaine d’années. Le jeune duc lui trouva une beauté glaciale, mais non dénuée d’attrait : elle lui semblait intouchable, inaccessible, et avait l’air d’une Madone. Froidement indifférente, mais sans mépris. La pauvre était dans un triste état, ruisselante d’eau, mais elle parvenait à garder une élégance et un charme certain. Tant et si bien que Nathan ne put réprimer un furtif regard vers sa robe mouillée, qui devait lui coller un peu à la peau. Le jeune homme repensa aussitôt à sa chemise, qui était toujours déboutonnée et s’empressa d’y remédier, mu soudain par une pointe de pudeur. Enfin, ce n’était pas là l’attitude d’un duc de Cherrydan ! Nathan imaginait avec une facilité irritante – preuve que cela arrivait souvent – les reproches de son frère aîné sur son comportement et sa tenue. Il aimait et respectait énormément Alan, et même bien plus que certains frères entre eux. Cependant se faire blâmer à longueur de journées pesait beaucoup trop à son cadet, ces temps-ci.

Nathan se leva avec lenteur, et ses yeux se posèrent avec douceur sur cette inconnue, qui était assurément très jolie. Puis il dit, avec dans la voix une grande amabilité, comme pour l’apprivoiser :


Que nenni, Madame, vous ne gâchez rien.

Il marqua une hésitation, puis ses joues s’enflammèrent en songeant aux paroles qu’il pourrait bien lui tenir, avant de rajouter avec un accent de timidité :

J’affirmerai même que si le silence apaise mieux que n’importe quoi au monde mon âme tourmentée, et bien il ne confère point autant d’agrément que votre voix.

Les grands yeux bleus de Nathan se baissèrent vivement, et il demeura debout, droit et empli d’humilité. Ses lèvres rosées esquissaient un doux sourire, mais n’était pas enjôleur : son intention n’était pas de la séduire, mais simplement de lui faire un compliment qu’il trouvait juste. Il parvenait à deviner, derrière cette carapace un peu dure, une femme pleine de bonté et de gentillesse. Du moins, Nathan l’espérait… il avait un peu le défaut de ne voir les gens que sous leurs bons côtés, ce qui parfois lui jouait des tours. Tout n’était pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, et le jeune homme avait pu s’en apercevoir assez tôt… Non, ne pas penser à cela, à eux ! Paix à leurs âmes.

Enfin, je manque à tous mes devoirs...

Déclara le jeune duc d’une voix d’où perçait un soupçon d’incertitude. Allait-elle répondre avec affabilité à ses paroles ? Ne le prendrait-elle pas mal, ainsi que son compliment précédent ? Enfin, son amabilité naturelle le poussait à se présenter, ainsi que son titre de duc. Au moins, Nathan ne ferait pas preuve d’impolitesse et passer pour un rustre en ne se présentant pas. Le jeune homme continua donc simplement avec un doux sourire.

Permettez-moi de me présenter ; je me nomme Nathan Cherrydan. Il est fort probable que vous ne me connaissiez point, et c’est tout naturel, puisque moi et ma famille ne sommes en cette province que depuis peu.


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Elizabeth Bromley
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MessageSujet: Re: Une singulière découverte... {Fini }   Jeu 5 Avr - 21:52

[HS : Je crains de ne pas être à la hauteur ; en tout cas, magnifique description de mon personnage.]

A vrai dire, Elizabeth se refoulait dans la prière pour ne pas avoir à regarder le jeune homme ; elle ne voulait pas le regarder. Pourtant elle ne savait pas pourquoi, quelque chose lui disait simplement de ne pas le dévisager ou l’observer comme elle le faisait habituellement ; son regard perçant de malice pouvait le laisser sans voix, son petit sourire en coin pouvait le laisser à terre, mais surtout les expressions et les petites fossettes qui se creusaient sur sa figure pouvait en dire long sur ce qu’elle pensait si elles étaient bien observées. Et pourtant cette pauvre Lizzie ne pus s’empêcher d’ouvrir les yeux lorsqu’elle entendit que le jeune homme bougeait, et par déduction s’était donc tourné vers elle pour prochainement lui parler ou simplement la regarder, ou juger son physique…

Comme presque toute les suppositions qu’elle faisait, il s’avéra qu’elle était juste en tout point ; son esprit, bien que rarement entretenue par le manque de sortis et de bals en ce temps, était tout de même assez irriguer, grâce à sa mère, pour pouvoir encore et toujours faire de bonnes déductions. Mais croisant le regard du jeune homme, elle baissa les yeux pour faire croire à un gène ; mais en réalité elle n’était pas du tout gêner, son caractère lui permettais de se faire dévisager par n’importe qui, mais cela lui valait tôt ou tard une belle phrase bien argumenter sur ce fait. Cependant, pendant les quelques secondes ou son regard croisa celui du jeune homme, elle remarqua que rien de déplacé ne parcourais ses yeux au contraire il y avait un petit scintillement qui voulait en dire long…

Un autre crissement se laissa porter jusqu’au oreilles de Lizzie, elle releva donc les yeux et le vis ce lever doucement, et aussi doucement qu’il avait quitter le banc il lui parla. Elizabeth ne pus s’empêcher de rétorquer une phrase, mais elle partie avec automatisme car quelque chose dans les mots du jeune homme devait être rectifier :

« Mademoiselle je vous prie, je ne suis pas encore mariée… »

Après cela elle lança un petit sourire moqueur ; son ironie avait encore gardé toute sa jeunesse ! Elizabeth remarqua aussi qu’il n’avait pas l’air aussi à l’aise qu’elle l’était elle-même ; bien que timide parfois, Elizabeth avait le don de savoir bien parler sans aucune hésitation, et elle rétorquait de plus belle lorsqu’elle remarquait que son interlocuteur était légèrement moins extraverti qu’elle. Et si elle dévoila une partie d’elle, le fait qu’elle n’était pas mariée, c’était en premier lieu voulu. Elizabeth attendait une quelconque réponse de la part du jeune homme, mais voyant que rien n’arrivait elle se contenta de rajouter quelques mots, encore une fois ironiques, tout en ce levant :

« … ai-je l’air si vieille que sa ? »

Mais à peine c’était-elle levée qu’il pris la parole ; des mots charmants bien qu’ils aient été dis d’un ton incertain cela fit plaisir à Elizabeth qui ne pus que rougir et baisser les yeux. Et elle se contenta de glousser un petit peu et ne répondit pas, ce qui engendra une nouvelle conversation : la présentation cette fois ci. Après qu’il ce fut présenter en tant que « Nathan Cherrydan », Elizabeth se contenta de murmurer un petit « enchantée » discret en faisant une révérence. Et à ce qu’il dit par la suite, Lizzie fit un petit sourire avant de répondre :

« Oh, bien des rumeurs court dans le coin ; il est donc très probable que j’ai entendue parler de vous et de votre famille. Mais puisque vous semblez si sur de mon ignorance, je préfère en rester la. »

Comme d’habitude, elle ne laissait pas passer une occasion de jouer de ses talents mystérieux. Pourtant elle s’empressa de se rattraper en se présentant à son tour, elle savait qu’il était d’une grande importance et ne voulait pas gâcher une telle rencontre avec son mauvais caractère.

« A mon tour je présume ; sois dit en passant je ne dirait pas grand-chose à mon sujet, il me semble que mon nom et mon prénom suffira. Je suis Elizabeth Bromley, simple jeune fille qui passe son temps avec sa pauvre sœur… » dit-elle d’un ton indifférent.

Elizabeth n’avait jamais été douée en présentation, mais il fallait dire qu’elle ne voulait pas dévoiler sa pauvreté et sa mauvaise famille, elle ne dévoila pas non plus ce qu’avait sa pauvre sœur et pourtant elle s’attendait à une question de la part de ce fameux Cherrydan…

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Nathaniel Cherrydan
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MessageSujet: Re: Une singulière découverte... {Fini }   Sam 7 Avr - 12:04

[Merki ! (Mais non, ce n'est pas exceptionnel Wink ]


Nathan n’arrivait vraiment pas à cerner véritablement la personnalité de la jeune femme. Il fut surpris de la voir baisser les yeux lorsqu’elle sentit son regard sur elle, car elle ne lui semblait pas être femme à se laisser impressionner. Et la suite lui confirma aisément cette première impression !

En effet, elle lui fit remarquer un peu sèchement de l’appeler « mademoiselle », puisqu’elle n’était pas encore mariée… puis elle esquissa un adorable petit sourire ironique, qui eut le don de perturber un peu Nathan. Néanmoins il ne se laissa pas démonter : il devinait chez cette inconnue un fort tempérament et il choisit donc de parler un peu plus franchement… Pas d’Alan Cherrydan dans les parages, pour lui rappeler les manières requises d’un bon duc, et toute la réserve dont il devait faire preuve. Cette jeune effrontée avait lancé les offensives, mais néanmoins il n’allait pas la rabrouer vertement comme l’aurait pu faire nombre de gentleman venu tout droit de Londres, comme il l’était lui-même. Non, Nathan était trop gentil pour mal parler à une femme : le jeune homme les respectait et les adulait trop pour cela.

Il se mit aussitôt à s’expliquer avec un ton doucereux et un brin ironique, un sourire enjoué aux lèvres.


D’accord, allons pour Mademoiselle. Mais voyez-vous… il est coutume de dire Madame à une femme, lorsqu’on ne la connaît point. C’est une règle de politesse, quand on s’adresse à une dame. Cela évite d’ordinaire tout malentendu d’ordre nominal, car nombre de jeunes femmes sont mariés très jeunes, et on ne se trompe guère lorsqu’on appelle une femme « Madame ». Enfin, je ne vous apprends rien. Mais je constate avec désarroi que l’on m’aura mal informé… Et je suis d’autant plus surpris qu’une femme comme vous ne soit pas mariée.

Et un compliment, un ! Il espérait qu’elle le saisirait, c’était en quelque sorte une réponse à sa question « ai-je l’air si vieille que ça ? », qui avait fait hausser un fin sourcil doré du jeune homme. Elle savait parfaitement la réponse : bien sûr, qu’elle ne l’était pas ! Elle était jeune, belle, et attirante ! Nathan était persuadé qu’il ne lui apprendrait rien ; des hommes avaient dû déjà la courtiser auparavant, et elle ne devait pas l’ignorer. Ses paroles flatteuses (et sincères) ayant fait effet, la jeune duc la vit rire un peu, et son propre sourire s’agrandit de joie : peut-être allait-elle changer de comportement, mais malheureusement il n’en fut rien. Piqué au vif, Nathan haussa les sourcils, et ouvrit la bouche avec un petit air offusqué. Sûr de son ignorance, lui ? Le jeune homme dit tout bas, un peu déstabilisé :

Voyons, ne prenez donc pas mes paroles au pied de la lettre ! Vous êtes toujours moins ignorante que moi, qui ne connaît rien de cette province, et ni ne sait comment déchiffrer votre esprit, qui, ma foi, est fort vif et délicieusement piquant

Le sourire enjoué et ironique refit son apparition, et Nathan se demanda pourquoi il avait besoin de la complimenter à chaque phrase. C’était plus fort que lui, il avait besoin de lui montrer qu’il n’était pas malintentionné, mais que néanmoins, il n’était pas homme à se laisser faire. Le jeune duc de Cherrydan était déjà grandement indulgent comme cela. Elle se présenta à son tour, et il s’inclina, n’ayant rien perdu de son élégance naturelle qu’il avait gardée malgré sa tenue piteuse.

Charmé de vous rencontrer, Miss Bromley.

Son regard bleu se planta dans celui d’Elizabeth – puisque tel était son prénom -, et il fit un grand effort pour le soutenir. Il avait envie de savoir la raison pour laquelle elle avait qualifié sa sœur de « pauvre », mais se retint : ce n’était pas une question à poser comme cela, et il avait peur de brusquer Elizabeth, de trop pénétrer dans son intimité, et tout simplement de se faire envoyer balader, car il sentait qu’elle était capable de le faire.


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Elizabeth Bromley
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MessageSujet: Re: Une singulière découverte... {Fini }   Sam 7 Avr - 12:56

Elizabeth se voyait noyer de compliments, et il fallait le dire clairement : cela était plutôt rare. D’habitude la conversation s’arrêtait avant même que son interlocuteur n’ai pus lui dire un mot sur son visage, sa robe ou son sourire ; car Lizzie, souvent très taquine, ce faisait une joie de rétorquer une jolie phrase à chaque mot de travers, ce qui engageait comme toujours un jolie sourire à la fois provocateur et ironique.

Pourtant ce cher Nathan Cherrydan n’avait rien de méchant, au contraire. Lizzie avait l’impression qu’il faisait énormément attention à ce qu’il disait, mais que des compliments lui échappait de temps en temps. Heureusement pour lui, Elizabeth aimait en recevoir même si ils n’étaient pas toujours vrai ; sa mine toute dégoulinante n’avait rien de spectaculaire, son mauvais sourire n’avait rien de beau car il était fait pour mettre mal à l’aise son interlocuteur. Et pourtant ce jeune homme réussissait à faire changer son sourire ; lorsqu’il répondit au fait qu’elle n’était pas une « madame » Elizabeth ne pus ne pas sourire, un sourire joyeux qui semblait retenir un doux rire. Pour une fois elle n’allait rien répondre, ou du moins elle se contenta de lui dire qu’il avait « peut-être raison… ». Mais si elle n’avait répondue que cela c’était à cause de la dernière phrase qu’il avait dite, encore un compliment ; et elle ne savait quoi y répondre.

Il engagea une réponse à ce qu’elle avait dit à propos de lui ; elle avait d’ailleurs gardé tout le secret ce qui le déstabilisa, comme elle l’avait voulu. Et pourtant elle ‘n’était que très peu fière de parler ainsi à quelqu’un qu’elle savait de haut rang ; mais Elizabeth ne pouvait perdre cette habitude qui faisait tout son charme. Elle releva donc les yeux, et dit avec un petit sourire provocateur :

« Si ma vivacité fait engendrer tant de compliments, je crois que je vais continuer de l’employer. » puis elle s’arrêta avant de reprendre : « Il est vrai que je ne suis pas ignorante sur votre, si je puis le dire, « cas ». J’ai beaucoup entendue parler de votre distant frère, si je ne me trompe point. Tout le monde n’en dit pas que du bien, mais étant aujourd’hui avec son petit frère je ne pourrait plus dire du mal de lui. »

Et tout sa pour montrer qu’elle aussi savait donner des compliments, bien que beaucoup plus caché et retenue que ceux de son interlocuteur qui devenait de plus en plus charmant. Elle se faisait un plaisir à parler avec lui. Elle s’inclina à son tour après que lui-même c’était incliné. Puis Elizabeth remonta les yeux vers ceux de Nathan, et malgré ses habitudes ce fut elle qui détourna son regard en premier ; elle le dirigea vers les petites fenêtres qui donnait dehors. La pluie avait un peu cessé, mais ce n’était tout de même pas le bon moment pour sortir ; et Elizabeth n’avait pas envie d’être à nouveau mouillée alors que déjà ses habits semblaient séchés.

Après quelques minutes d’observation, Elizabeth envoya vivement son regard vers Nathan pour demander :

« Dite moi, Mr. Cherrydan ; sans être indiscrète, la ville n’est-elle pas mieux pour des personnes tel que vous. Bien sur, j’imagine qu’un peu de calme ne vous ai pas de refus, ce qui n’est pas rare dans notre région sauf quand une demoiselle fait intrusion. »

Elle avait toujours son ton ironique, même qu’elle avait bien insistée sur le mot « monsieur » ; pour une raison qu’elle ignorait d’ailleurs. Sûrement une vieille et mauvaise habitude provocatrice.

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Nathaniel Cherrydan
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MessageSujet: Re: Une singulière découverte... {Fini }   Sam 7 Avr - 20:00

Nathan constatait avec plaisir que Miss Bromley commençait à perdre un peu de sa froideur, et que sa belle assurance fondait légèrement. Il ne possédait pas son petit côté ouvert et expansif, néanmoins sa réserve diminuait de minute en minute. Le jeune homme était tout joyeux à la perspective de se faire une amie, d’autant plus qu’Elizabeth était la première personne qu’il rencontrait en province, ayant passé la majeure partie de son temps enfermé dans le manoir familial des Cherrydan, en la tendre et chaleureuse compagnie de son frère et sa sœur. L’ironie de la demoiselle l’amusait ou le déconcertait, et il se faisait un véritable plaisir de répliquer sur le même ton.

Lorsqu’Elizabeth affirma qu’elle allait continuer d’user de son inimitable talent pour la répartie, Nathan leva les yeux au ciel et mit une main sur son front, théâtral. Le jeune homme ouvrit la bouche avec un air si désespéré qu’il en était comique.


Oh, Seigneur ! Pauvre de moi…

Soupira-t-il avant d’éclater de rire avec enjouement. Mais son expression redevint sérieuse quand la jeune femme mentionna son frère, et le caractérisa de « distant ». Alors, comme cela on parlait beaucoup des Cherrydan, en province ? Un peu ahurie, Nathan passa une main nerveuse dans sa chevelure dorée et ses sourcils se froncèrent. « Tout le monde n’en dit pas que du bien ». Une pointe de désapprobation dessina un pli soucieux sur son front pâle : mais que pouvait-on bien dire à propos de son frère aîné ? Qu’avait donc fait Alan pour que des rumeurs peu avantageuses circulassent à son sujet ? En tant que cadet admiratif devant son aîné, Nathan ne voyait guère la raison de la mauvaise opinion que pourrait avoir les gens de campagne. Ce n’était pas de la faute d’Alan, s’il était d’un naturel froid et réservé, et les tragiques événements d’il y a cinq ans n’avaient guère arrangé les choses, bien au contraire. Le compliment implicite d’Elizabeth le fit sourire faiblement, et il ne put résister à la curiosité plus longtemps :

Que dit-on donc de mon frère Alan, Miss Bromley ? Je serais fort curieux de le savoir ! Voyez-vous, son attitude renfermée peut s’expliquer par nombre de raisons, notamment son tempérament grave et introverti. Mais de là à l’en médire… Enfin, je suppose que les gens d’ici doivent fort s’ennuyer, et que le moindre fait doit requérir une grande importance. Enfin, l’avez-vous déjà vu ? Lui avez-vous déjà parlé ?

La curiosité est un vilain défaut, et même si ce fameux adage lui avait été répété bon nombre de fois, il ne pouvait s’empêcher d’y succomber ! C’était plus fort que lui : il fallait que toutes ses questions eussent des réponses. Et troublé de nouveau, Nathan n’avait même pas songé à la formidable occasion qu’il donnait à son interlocutrice de se railler de lui. Il y pensa après coup, une fois que ses paroles fussent sorties de sa bouche, et le regretta un peu. Le jeune homme espéra qu’il ne l’avait pas blessée par la petite critique qu’il avait formulée, et se rassura en se disant qu’il lui faudrait certainement plus que cela pour qu’elle en prît ombrage.

C’était qu’elle était coriace, cette Elizabeth ! Jamais il n’avait rencontré de personne comme elle, et encore moins de femmes. Toutes celles qui avaient côtoyé Nathan avaient toujours été pleines de louanges, de petits soins et de vénération à l’en faire vomir. Tout le monde connaissait parfaitement la richesse et le prestige de la famille Cherrydan, et si c’était miracle que de se les attacher et espérer un lien profond avec eux, on savait également que la dernière génération des Cherrydan était en âge de se marier… Enfin, lady Elizabeth rappelait à Nathan une jeune fille qu’il avait connu dans son adolescence, et qui l’avait d’ailleurs marqué. En effet, Virginia Debenham avait dix-sept ans et Nathan quinze lorsqu’elle avait éveillé chez lui les prémices de la passion ; alors que tous deux bavardaient avec entrain lors d’une réception, la jeune fille avait sans crier gare échanger avec le jeune duc un baiser dont il avait été ébranlé. Cet événement pouvait paraître anodin, mais Nathan y avait attaché une grande importance, et il trouva avec stupéfaction une certaine ressemblance entre cette petite maligne de Virginia et l’audacieuse Elizabeth. Cette dernière détourna le regard lorsqu’il la regarda, et le jeune homme en éprouva une certaine satisfaction doublée d’étonnement.

Un petit silence s’installa, où Nathan observa la demoiselle Bromley avec douceur. Il eut le plaisir de la regarder droit dans les yeux, avant qu’elle ne prît la parole pour lui demander la raison de leur venue en province.


En effet, mon frère, ma sœur et moi avions pensé profiter de la tranquillité de la campagne, réputée pour apaiser les esprits. Car s’est installée en nous une grande lassitude : de la vie londonienne, des réceptions mondaines et de la haute société, où l’on ne côtoie pas toujours des personnes respectables. De plus, j’ajouterai que les paysages champêtres sont propices à la rêverie, dont je suis un adepte.

Le jeune homme sourit, et passa distraitement une main sur le rebord de son banc. Il avait remarqué une certaine accentuation du mot « monsieur », et s’en interrogeait. Il songea avec amusement que les femmes avaient moins de chance que les hommes : on pouvait systématiquement détecter leur situation, si elles étaient mariées, ou non. Et si Miss Bromley désirait savoir si oui ou non, le jeune Cherrydan l’était, elle n’aurait qu’à lui demander…
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Elizabeth Bromley
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MessageSujet: Re: Une singulière découverte... {Fini }   Sam 7 Avr - 20:50

Elizabeth n’aurait finalement pas dû aborder le sujet sur sa famille, et surtout sur son frère. Les habitants des alentours étaient assoiffés de toutes nouvelles et se faisaient un plaisir de les rabaisser et de donner leurs avis qu’ils soient bons ou mauvais. Pourtant, malgré qu’elle songeait beaucoup à sa, Elizabeth rigola avec Nathan lorsqu’il lui fit le plaisir de montrer ses talents théâtrales. Aussitôt elle pensa à cette fameuse représentation qui allait avoir lieux au Théâtre de la petite ville d’à coter ; pourtant elle ne dit rien.

Ce qu’elle redoutait arriva, les questions arrivèrent également. Pourtant elle ne voulait pas donner mauvaise impression ou toucher quelque chose de sensible chez Nathan ; et elle savait très bien, encore par ses rumeurs, qu’il était très attaché à son frère. Pourtant elle ne perdit pas de sa vivacité en répondant :

« Alan… voila donc son prénom ; on m’avait dit beaucoup de chose à son sujet mais point son nom. Que c’est désolant. Vous savez, et comme vous le dite si bien, au bout d’un certain moment il n’y a plus grand-chose à faire ; les rumeurs coulent donc à flot. Et malheureusement tous ne sont pas aussi belles et sûrement pas aussi vrai qu’ils semblent l’être. »

Elizabeth ne voulait pas en dire plus, mais voyant le regard de Nathan qui en attendait beaucoup plus elle fut obliger de continuer. Cependant elle baissa la tête, légèrement honteuse. Nathan Cherrydan pouvait à présent remarquer que son caractère pouvait changer, qu’il était bizarre et pourtant si utile ; Elizabeth ne serai sûrement pas la aujourd’hui à parler avec quelqu’un d’un rang opposé au siens si elle n’avait pas eu se caractère. Dans un soupire elle continua donc :

« Votre frère, d’après ce que la voisine nous a dit, est très froid et distant envers tout le monde ; il se refuserait même de danser. » puis elle s’arrêta un moment avant de continuer sur un sujet qui pouvait attrister un peu plus Nathan, elle pris donc un ton doux et compréhensif : « Vous n’avez plus de parents il me semble… n’est-ce pas ? J’en suis désolée… » puis dans un grand soupire elle continua : « …il vous a donc élever, vous et votre sœur. Mais cela n’engendra que plus d’amour ; mais beaucoup trop selon certains… ‘Pourri Gâter’ voila votre surnom. »

Elle ravala sa salive, attendant une quelconque injure ou quelque chose de ce genre. Mais avant elle releva les yeux, fouilla bien dans ceux de Nathan pour dénicher ne serai-ce que de la haine ou de la tristesse. Elle regarda pendant un bon moment avant de rebaisser la tête et de dire pour finir :

« Excuser-moi Mr. Cherrydan, tout cela n’est que dit rapporter. Je ne peut lire dans les pensés des gens, il se peut donc que certains pensent le contraire. Je ne sais pas, j’ai juste cité ce que j’ai entendu. »

Elizabeth n’osa même pas répondre à ce qu’il lui avait dit ensuite, sur le fait de sa présence ici. Elle avait trop de choses qui se mouvaient dans sa tête. Elle se demandait à présent ce que pouvait bien dire les gens à propos de sa pauvre sœur et le mal que sa lui ferait de tout savoir. Lizzie s’asseya donc sur le banc, laissant son esprit se vider ainsi que celui de Nathan bien qu’elle attendait encore et toujours une réponse mauvaise de sa part, mélanger avec un peu de colère venant droit du cœur.

[Hs : Sa manquait un peu de mouvement je trouve !]

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Nathaniel Cherrydan
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MessageSujet: Re: Une singulière découverte... {Fini }   Sam 7 Avr - 23:46

[Attention, Nat' nous sort un grand discours ^^]


Le jeune Cherrydan demeura silencieux pendant qu’Elizabeth répondait à ses questions, et ajoutait même quelques justifications, comme si elles pouvaient atténuer la dureté des propos qui semblaient faire un malheur chez ces provinciaux décidemment bien trop avides de nouveauté. Les rumeurs colportées étaient pour la plupart vraies, malheureusement, et Nathan ne put s’empêcher de retenir un petit soupir chagriné : cela l’ennuyait un peu, que des inconnus répandissent ainsi des bruits indiscrets et désagréables sur sa famille, qui était la prunelle de ses beaux yeux.

Nathan put observer le changement de comportement chez la jeune femme, et il apprécia d’autant plus son sérieux que la conversation devenait plus grave. Il ne comprenait pas comment l’on pouvait insulter et déprécier des gens sous prétexte qu’ils étaient riches ou inconnus, ou bien encore les deux à la fois. C’était du moins les deux seules raisons que le jeune duc avait trouvé pour expliquer ses rumeurs déplaisantes : les Cherrydan auraient été moins fortuné, on aurait certainement pas jasé autant.

Le jeune homme ne dit pas un mot, n’osant interrompre les confidences de sa charmante interlocutrice. Il voulait être au fait de toutes les choses qui circulaient à leur sujet, à lui, son frère et sa sœur. Fort heureusement, cette dernière ne semblait pas encore être la proie de médisances, du moins Elizabeth n’en avait rien dit, ce qui soulagea grandement Nathan. Peu lui importait qu’on le traitât de gamin « pourri gâté », et passait encore que son frère aîné fît mauvaise impression. Mais que l’on touchât à sa petite sœur, sa moitié, sa jumelle, non alors ! Il vouait une véritable adoration à Norah, et gare à celui ou celle qui ne touchait ne serait-ce qu’à un seul de ses cheveux d’or ! Le profanateur le sentirait passer…

Une fois qu’Elizabeth eût terminé de parler et se fût assise, Nathan l’imita avec un visage impassible. Il parut absent pendant quelques minutes, laissant la jeune femme macérer un peu dans l’angoisse d’une terrible réponse de sa part. Le jeune homme avait l’air absent, préoccupé ; puis dans ses yeux bleus passèrent une lueur de malice et il éclata inopinément de rire, avant de prendre joyeusement la parole :


Eh bien, eh bien ! J’apprends de belles choses à notre sujet ! Ah, si je m’étais attendu à de telles révélations !

Le jeune homme poussa un petit soupir amusé, le fou rire passé. Lui aussi pouvait changer d’humeur comme de chemises, et passer des larmes au rire. Nathan se leva et s’assit gracieusement près d’Elizabeth, se retrouvant à un mètre d’elle : mieux valait encore garder quelques distances, ils ne se connaissaient que depuis près d’une demi-heure. Il appuya son bras contre le bord de leur banc, et planta son regard d’azur dans celui de la jeune femme. Nathan prit alors la parole avec une voix décontractée, prêt à rectifier toutes les sottises qu’il venait d’entendre. Il pensait que peut-être, Elizabeth pourrait faire cesser quelques bruits qui embarrassaient par trop le duc de Cherrydan.

Miss Bromley…

Déclara le jeune homme d’une voix agréable et non dénuée d’amusement.

Je ne vous connais que depuis très peu, et même qu’une heure s’est à peine écoulée depuis que vous m’avez surpris en bien piteuse tenue en ces lieux. Aussi, je pense que vous êtes une personne digne de confiance, puisque vous m’avez avoué avec sincérité tous les commérages qui circulaient à propos de ma famille. Alors, je vais moi aussi vous faire quelques confidences… à garder sous silence, n’est-ce pas ?

Nathan esquissa un gracieux sourire, faisant naître de petites fossettes au coin de ses lèvres fines. Il était rare qu’il parlât aussi librement à quelqu’un, et encore moins à une femme ! Elizabeth était donc une privilégiée, en quelque sorte, mais sans le savoir. Le jeune homme avait beaucoup de mal à entrer en contact avec les gens, surtout si ceux-ci lui étaient inconnus. Il fallait venir à lui pour le connaître, et non le contraire. Néanmoins, la jeune femme avait réussi à installer une atmosphère légère et plaisante, dûe probablement à son ironie mordante, qui, si elle avait déstabilisée Nathan, lui avait plu aussitôt. Il continua, tranquillement accoudé au banc.

Ainsi, vous savez que nos parents ne sont malheureusement plus de ce monde… C’est miracle que vous sachiez cela, car nous mettons un point d’honneur, mon frère et moi, à passer sous silence l’incident malencontreux qui leur a coûté la vie ! Ah, chienne de vie, de Destinée, qui nous a ravi de tels êtres, des parents aimants, tendres mais non dénués de fermeté !

Je vais donc rectifier mon adorable petit surnom… Le Pourri Gâté… Oh, ce n’est pas très original, mais les provinciaux doivent s’en accommoder – oh, n’en prenez pas ombrage, Elizabeth ! Il est vrai que j’ai été gâté, et je ne m’en cache point. Quant au terme « pourri », qui est d’ailleurs tellement vulgaire… ah non ! Pas à ce point ! Je ne serais certainement pas là à vous parler, Miss Bromley, mais plutôt à assister à quelques soirées dépravées de la capitale, comme le fait nombre de mes amis qui ont joui de trop d'amour parental. Et pour le petit renseignement, je vous rassure : je ne suis guère amateur de ces abjections !

Il se tut quelques instants, un sourire badin aux lèvres, avant de monopoliser de nouveau la conversation. Le jeune homme changeait d’expression à chaque tournant de phrases, accompagnant ses paroles de petits gestes des mains, qu’il avait petites, fines et aussi bien entretenues que celles d’une femme, ce qui témoignait de son titre et du fait qu’il ne faisait guère de travaux manuels.

Pour ce qui est d’Alan… Ah si cela me fait mal de le dire, j’avoue que je comprends un peu qu’il ait fait cette impression aux gens qu’il a pu rencontrer. Je l’ai dit, son tempérament est ainsi. Ce n’est pas du tout le genre de personne à engager la conversation aisément, et à se dérider facilement. Et pour ce qui est de la vie de votre fameuse voisine, n’écoutez pas tout ce que l’on raconte ! Enfin non, tendez l’oreille, miss Elizabeth, et venez tout me raconter !

Petit sourire malin, clin d’œil espiègle.

J’ai ouï dire qu’un bal serait organisé dans quelques jours, et les Cherrydan pourront montrer leur valeur et leur attitude civile et respectable. Mais je vous l’accorde, à vous et à votre voisine : on aura vu mieux comme joyeux drille, cependant je gage qu’il ne manquera pas de danser, comme moi-même d’ailleurs.

Nathan ne dit pas que d’ordinaire, il détestait cordialement les bals, et se faisait un plaisir de les esquiver chaque fois qu’il en avait l’occasion. Néanmoins, le jeune homme était soudainement déterminé à rehausser l’idée qu’avait les gens des Cherrydan, et il allait se faire un devoir de paraître à ce bal comme le parfait (ou presque) gentleman qu’il pouvait être ! Mais auparavant, une question lui brûla les lèvres, et avec un petit froncement de sourcil, il demanda :

Mais j’oubliais, y irez-vous, Miss Bromley ?
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Elizabeth Bromley
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MessageSujet: Re: Une singulière découverte... {Fini }   Mar 17 Avr - 11:49

[Hs ; Voila je suis la ! Désolée de l'attente.]

Toujours tête baissée, Elizabeth s’attendait vraiment au pire ; mais si sa avait été le cas, elle aurait sûrement réussi à le calmer un peu. Nathan Cherrydan était pourtant quelqu’un de bien, pourquoi fallait-elle qu’elle dise des choses pareils ; surtout qu’elle pu remarquer, bien que bien cacher, une lueur de méchanceté envers ceux qui traite sa famille ; mais elle ne se sentie pas visée car se regard était perdue, perdue entre les pensés de ce Cherrydan. Lizzie ne leva pourtant pas souvent la tête, elle préférait ne pas recevoir d’informations concernant son humeur ou ce qu’il allait dire ; pourtant elle remarqua qu’il était d’un calme indicible, mais pour Lizzie cela était louche.

* Ma petite Lizzie, ou sont passée tes manières ?! Que dirait Papa ? Pfft… une fois de plus il ne dirait rien, rien du tout ; il sera trop occupé, il me regardera et détournera son regard ! Mon sale caractère me reflète très bien… et pourtant je sais que je peux le dominer. * pensa-t-elle sans intérêts alors que Nathan commença à rire ; elle releva donc la tête puis la rabaissa pour simplement murmurer :

« Je suis désolée… sincèrement désolée. »

Elle entendit le grincement du bois, ce fut à ce moment la qu’elle releva les yeux croisant par la même occasion ceux de Nathan et ne pouvant plus les rebaisser. Il s’était donc assis à coter d’elle, Elizabeth ne comprenait pas ; était-ce pour mieux lui parler, pour réclamer son attention qu’il c’était assis la ? Alors qu’elle le fixait toujours, il commença par dire son nom ; puis il engagea des paroles qui sonnaient comme un serment, un engagement. Comme quelque chose qui doit être juré, comme le secret que demande un ami sur quelque chose de grave ou qui lui tiens à cœur. C’était un peu pareil, mais Lizzie fut pris de panique ; allait-il lui révéler des choses vraiment trop confidentiels ? Eliza ne voulait pas sa, après tout comme il le disait ils ne se connaissaient pas depuis longtemps ! Elizabeth répliqua donc :

« Le silence fait partie de mes habitudes ; mais je ne veux en aucun cas vous paraître trop envahissante, vous n’êtes pas obliger de me raconter tout ce qui se passe chez vous, ni le pourquoi de mes phrases… »

Mais il se contenta de lancer un sourire, sourire radieux. Lizzie du donc se résigner à écouter, et elle allait écouter attentivement. Pourtant il ne laissait pas le temps de répondre, ses phrases étaient enchaînées sans coupures. Elizabeth attendit donc qu’il fasse une pause, signe qu’il allait changer de sujet pour pouvoir ajouter quelques mots :

« La destinée n’existe point, sinon nous n’en aurions jamais entendue parler. Ce qui est arrivé à vos parent n’était pas inscrit dans l’histoire, ni même prévue ; rien n’est prévue, qui vous dit que je ne vais pas sortir d’un moment à l’autre ou pleurer devant vous ? Non, je ne crois pas au destin, ce n’est encore une fois que des purs ragots irréels. Vous aviez de la chance d’avoir des parents aimants, et même si je ne les est jamais rencontrés je pense pouvoir vous croire. Moi mes parents sont très différents, mon Père est tout le temps silencieux et enfermer dans sa bibliothèque, alors que notre mère est un vrai démon qui ne pense qu’à nous marier pour pouvoir payer le moins possible… je pense aussi pouvoir vous révéler quelques petits choses sur ma famille ; une de mes sœurs s’est enfuie avec celle qu’elle aimait alors qu’elle était promise avec un vieux ronchon, les deux autres se sont sorties sans vraiment de mal ; elles ont juste priées jour et nuit pour ne pas être promise à quelqu’un. Maintenant il ne reste plus que moi et ma pauvre sœur qui est aveugle et qui ne trouvera sûrement jamais personne. »

« Mr. Cherrydan ; et qui me dit que vous n’étiez pas en chemin vers l’une de ses ‘soirées’ quand soudain la pluie est venue sur vous ? Oh mais ne vous inquiéter pas, je ne pense pas que sa sois le cas. Il faut dire que lorsque l’on à les moyens de s’acheter ce que l’on veux on vie avec un peu plus de faciliter et de bonheur, moi sa na jamais été vraiment le cas. »

Elle s’arrêta elle aussi, baissant un peu la tête et regardant du coin de l’œil la petite fenêtre en vitraux qui donnait dehors ; la pluie avait cessé alors qu’un petit orage de paroles était à l’intérieur. Pourtant Elizabeth ne perdait pas de son petit accent humoristique ni son petit sourire provocateur. Elle parlait sereinement et avait repris un peu de vigueur et de vivacité. Et alors qu’elle lançait un petit sourire, pensant à ce qu’ils disaient avec honte, Nathan avait repris la conversation ce qui fit lever son regard, croisant à nouveau celui du Cherrydan, ne le lâchant plus elle écoutait attentivement avant de répondre :

« Après tout, je n’ai jamais vu votre frère ; et d’habitude je ne juge que quand j’ai vue. Mais je ne cherche pas à savoir la vérité, ou du moins cela dépend de quelle vérité… Je pense plutôt que votre frère garde le mystère sur lui-même en pansant pouvoir cacher tout le passer de sa famille, et cela est devenue une méchante habitude et il n’arrive plus à s’en débarrasse. ... Et se sera avec plaisir que je vous rapporterais tout ce que l’on dit sur vous ! »

Elizabeth était à présent plutôt contente, elle avait évitée la tention et rien de méchant ne c’était produit. Elle lança donc un jolie sourire, tout sa allait être vite oublié pour elle ; mais peut-être pas pour Nathan bien qu’il semblait indifférent. Il commença une nouvelle conversation, comme si rien ne c’était passer avant ; mais pour Lizzie ce n’était pas de refus de changer de sujet, elle pris donc plaisir à répondre à cette question qui parlait du bal prochain :

« Oh ! Les bals sont vraiment une réjouissance dans la région, tout le monde y est invité. De plus la Palais Royal est un endroit parfait pour une réunion de ce genre, c’est un endroit si grand et majestueux que lorsque l’on tourne et danse on se croirait dans un rêve, un rêve merveilleux. Et pour vous se sera le moment ou jamais de montrer votre valeur, j’espère que vous savez bien danser car vous ne manquerez pas de cavalière ! »

La question à laquelle Lizzie avait penser depuis déjà un moment arriva, pourtant vu les paroles qu’elle avait dit un peu avant il pouvait se douter qu’elle allait venir ; Elizabeth trouvait sa tellement bien, les bals, qu’elle ne pouvait pas ne pas y aller. Se fut donc avec un petit sourire coquin qu’elle répondit :

« Bien sur que j’y irai, sauf si quelqu’un me l’en empêche ; et à part mes parents je ne vois personne. … Ma sœur viendra aussi, malgré son handicap. Se sera son premier bal et je resterais donc le plus long de la soirée avec elle. »

La fin de sa phrase sonnait triste, pourtant parler d’un bal était un sujet joyeux pour Elizabeth. Mais elle ne devait pas s’en faire, sa sœur savait se débrouiller et elle savait très bien qu’elle n’aimait pas dépendre d’Elizabeth, elle pourra donc elle aussi danser ; bien que moins que d’habitude.

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Nathaniel Cherrydan
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MessageSujet: Re: Une singulière découverte... {Fini }   Sam 21 Avr - 18:34

Nathan était certain que la jeune femme ne le laisserait pas parler sans l’interrompre ; et en effet, elle eut le malin plaisir de le contredire dès qu’il se fût tu. Elizabeth affirma qu’elle ne croyait nullement au Destin, et à cela le jeune homme ne fit qu’hausser légèrement les épaules avec un petit air rêveur. Lui y croyait, et cela lui suffisait ; Nathan était jeune, et ayant vécu dans le cocon familial depuis toujours, il ne s’était pas encore débarrassé tout à fait de sa naïveté. Et puis, c’était beaucoup plus facile à vivre, de se dire que son existence était déjà toute tracée, que le moindre événement avait été prévu par on ne sait, on ne sait où, on ne sait quand. Cette pensée permettait au jeune homme de rêver, de se dire qu’il avait la possibilité de haïr quelque chose, de charger cette chose abstraite qu’était la destinée de la faute commise par lui-même ou autrui. Il serait effrayant, pour lui, de se rendre compte qu’il était réellement maître de son destin, de le dompter et d’être responsable de ses actes.

Peut-être qu’en fin de compte, il méritait un peu ce surnom péjoratif que lui donnaient apparemment les provinciaux. Le Pourri Gâté… Ce nom résonna dans la jolie tête de Nathan, qui décida d’y réfléchir plus profondément lorsqu’il serait seul et que l’ennui viendrait le titiller. Enfin… N’était-ce pas la conséquence de la trop grande affection de sa mère, puis de son frère et de sa sœur qui le conduisait à se considérer comme une victime lorsque quelque chose lui arrivait ? Probablement… Mais alors sa sœur jumelle était certainement dans le même cas, et même Alan… Oh Alan, ce frère vénéré et redouté autant que feu leur père… Le grand duc Cherrydan, imposant et autoritaire, froid et éternellement grave, et qui n’accordait ses rares sourires qu’à sa famille… Et puis, Sherry Cherrydan, cet ange tombé du ciel, avec sa blondeur céleste et dont avait hérité Nathan et Norah… S’ils n’avaient profité que de treize ans la compagnie de leurs parents, ils avaient payé leur trop grand amour envers eux durant leur enfance. Qu’il était plus rassurant – et romanesque ! – de penser ainsi !

D’ailleurs, on parlait famille également. Rectification : Elizabeth Bromley parlait de sa famille. Et quelle famille ! Un père constamment terré dans sa bibliothèque, et une mère qui devait se démener comme un beau diable pour unir chacune de ses filles. Donc, Elizabteh n’avait aucun frère. Donc, Elizabeth avait bon nombre de sœurs. Donc… Nathan mit fin à sa liste de déductions en songeant qu’il savait un peu ce que pouvait ressentir la jeune femme en ce qui concernait son père. Le sien avait toujours été cloîtré dans son cabinet, ne parlant que très peu et ne sortant que lorsqu’il y était obligé. Il y mangeait, y dormait presque. Et pour ce qui était de la mère insupportable, Nathan possédait une tante envahissante dans le même genre. De temps en temps, Mrs Marrish Martha venait rendre visite à ses neveux et sa nièce, avec un seul sujet de discussion : le mariage !

Après ses quelques révélations sur sa famille, Elizabeth en fit autant. Nathan sourit à l’évocation du « vieux ronchon », et eut une expression à la fois désapprobatrice et triste. Il imaginait une jeune fille ressemblant d’une façon frappante à Miss Bromley, s’enfuit à travers champ avec son bien-aimé pour l’épouser loin de l’homme morose auquel elle était promise. Il se surprit à fixer Elizabeth d’une étrange façon, en imaginant l’effet que cela ferait en lui étant promis. Quelle chose étrange que de se dire que l’on était promis à une inconnue, et que l’on se devait de le côtoyer jusqu’à la fin de notre existence… Un élan d’angoisse s’abattit sur Nathan, qui vacilla quelque peu. Il posa sa main fine sur le bord du banc de bois, et eut un rictus amer. Lui aussi, on avait décidé à sa place… Le jeune homme leva son regard azur vers Elizabeth, un regard où perçaient la mélancolie et le tourment. Il se sentait aussi triste pour sa condition de fiancé que de celle d’aveugle de la sœur de la jeune femme. La compassion l’emplit, et il se promit d’adoucir un peu le quotidien de Miss Bromley, et celui de sa sœur. Nathan était quelqu’un de bienfaisant et de sensible ; la moindre injustice le révoltait. Et celle-ci en était une, de la nature tout d’abord ; du destin, encore une fois, qui n’avait pas doté les Bromley de suffisamment de fortune pour attirer des prétendants convenables.


Vous préféreriez ne jamais vous marier ? N'avez-vous pas l’espoir d’avoir un jour des enfants, puis des petits-enfants ? De vieillir entourée d’une présence joyeuse et chaleureuse ?

La question était anodine, innocente. La plupart des femmes ne rêvaient que de cela, mais il semblait à Nathan qu’Elizabeth ne serait pas une femme comme les autres. Elle avait l’air beaucoup trop indépendante, narquoise et fière, aussi, pour jouer le rôle de la parfaite épouse, soumise et obéissante. Néanmoins, il était indéniable qu’elle ne manquait pas de charme ! Même si certes, cela ne faisait pas tout.

Puis la jeune femme refit mention des « soirées » assez spéciales auxquelles le jeune homme n’assistait jamais, par bonheur ! Nathan s’imagina un instant entouré de courtisanes et d’hommes à l’allure louche ou au contraire élégante, et eut une vague de dégoût. Il ne se voyait pas vraiment en train de copuler avec une inconnue, et surtout pas en public. Il était jeune, il était duc, que diable ! Avec un rang tel que le sien, on ne s’aventurait pas comme cela dans ces soirées licencieuses où on laissait son honneur en même temps que son innocence. Nathan ne vit guère le rapport entre ceci et l’argent, mais se contenta d’approuver d’un signe de la tête, comme pour l’encourager à poursuivre. Il ne lui coupa la parole une seule fois, et ne dit mot lorsqu’elle reprenait son souffle. Il avait été bien éduqué, du moins en tant que futur duc.

Le jeune homme écoutait donc Elizabeth avec une aimable figure courtoise, et répondit à son beau sourire par un rictus non moins charmant. La compagnie de cette jolie provinciale était vraiment agréable, et bien qu’ils parlassent beaucoup, Nathan ne s’ennuyait pas. De plus, son petit côté espiègle et provocateur lui plaisait énormément… On ne l’avait jamais raillé autant, et c’était d’autant plus amusant que rarissime. Il avait l’impression d’être un jeune homme presque comme les autres, même si des barrières continuaient à maintenir une distance entre eux deux. Mais peut-être que le temps – s’ils se rencontraient de nouveau – auraient raison de ces obstacles d’ordre social et qu’une amitié naîtrait.

Nathan avait détourné la conversation sur le bal qui aurait lieu prochainement, et il constata avec joie qu’Elizabeth s’y trouverait. Après tout, il s’en doutait un peu… En province, on ne devait guère voir l’occasion de s’amuser comme on le ferait à Londres. Aussi un bal devait réunir toutes les familles environnantes, et être d’autant plus plaisant. Nathan éclata d’un petit rire joyeux.


" Je dois avouer que pour la première fois, je me sens follement impatient à l’idée d’aller à ce bal ! Pourtant, Dieu sait comme je détestais cela lorsque l’on se trouvait à Londres. J’imagine une ambiance toute autre, beaucoup plus allègre, chaleureuse que celle de la capitale ! Et pour ce qui est de la danse, mes cavalières m’ont toujours félicité ; tant et si bien que je déplorais d’être invité à quelque réception dansante… "

Son visage pâle rougit et il baissa les yeux en riant. Le jeune homme n’avait jamais véritablement compris pourquoi les femmes s’empressaient de l’inviter, et soupçonnait que ce n’était pas uniquement pour ses talents d’excellent danseur. Sa réputation grandissante de beau garçon fortuné et titré commençait à faire son chemin… Malheureusement, ou heureusement. De toute façon, Nathan ne pouvait se permettre de céder à une femme ; il était déjà promis depuis son enfance à une de ses cousines. Néanmoins, il tenait à garder ce secret le plus longtemps possible, et n’avait pas omis par hasard ce « léger » détail.

Nathan jeta un regard à une des petites fenêtres qui tentaient vainement d’éclairer la chapelle, et constata avec une petite pointe de déception que le temps était à présent de nouveau redevenu beau. Ah, mois d’avril changeant ! Le jeune homme se rendit soudain compte que le temps avait passé à une vitesse impressionnante, et songea avec stupeur qu’il devait se mettre en route pour le manoir des Cherrydan dès à présent s’il ne voulait pas arriver en retard pour le dîner. Car il ne devait pas être loin de dix-huit heures, et le temps de parcourir la distance qui reliait la résidence familiale à cette chapelle était d’une demi-heure en marchant rapidement. Le jeune homme se leva donc prestement, mais sans brusquerie aucune. Il se pencha légèrement pour saluer la jeune femme à ses côtés, et ne sut s’il devait lui faire un baise-main, ou quoi que ce fût de ce genre. Elle était tout de même parvenue à le troubler, avec son adorable petit air malicieux, et ses paroles provocatrices ! Il en oubliait certainement tous ses devoirs !


" Eh bien, Elizabeth, je constate avec appréhension que le temps passe avec une rapidité fulgurante. C’est très certainement un effet dû à votre charmante compagnie… Ainsi, je ne dois pas m’attarder plus longtemps, car on m’attend ; j’avais fait la promesse à ma sœur Norah de passer un peu de temps avec elle avant de dîner. Au revoir, Miss Bromley, et à bientôt, je l’espère ! "

Et sur un dernier sourire éclatant, Nathan Cherrydan se détourna de la jeune femme, et s’en alla d’un pas léger après avoir pris soin de récupérer sa veste humide, abandonnée sur une chaise.
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